Mon jardin m’aide.
Il est mien mais il t’est aussi ouvert.
Nous semblons vivre une crise de l’être mais aussi de l’avoir.
Nous ne possédons plus beaucoup et en même temps nous avons trop.Mon jardin sert mon calme et permet d’être.
Encore faut-il l’avoir, c’est là que le bât blesse…
Avoir ce coin de sérénité, ce temps du rien et de la contemplation, devient une recherche, quasiment une lutte.
Pourtant la nature et notre richesse apparente ne manquent pas de ressources !Mon jardin, c’est à la fois le droit de respirer, d’agencer et de laisser pousser ce que je veux. Pour moi, les miens et peut-être bien l’inconnu-e. Qu’on ne me dise pas ce dont j’ai besoin ou ce que j’ai le droit de faire. A priori je ne suis pas une bête, pas une méchante tout du moins. Après cela on pourrait me laisser tranquille, n’est-ce pas ?
Mon jardin c’est ma vie. Que la nature reprenne ses marques. Tous les mammifères ont besoin de soleil, d’air et certainement d’un contact avec les plantes et l’eau.
Il est moins question de propriété que de droit naturel. Il ne s’agit pas d’un endroit pécuniairement cher ou totalement à moi.Mon jardin s’avère juste être l’endroit où l’on se retrouve, où l’on cultive, où l’on rit, pour contrebalancer l’ultrarapidité et le bétonnage de nos idées.
Est-ce si compliqué ?Romain Wahl
Il existe un si beau jardin tout près des cieux en haut de la montagne jurassienne.
Il y a des vaches qui broutent pacifiquement les marguerites et l’herbe verte tirant sur le brun à la fin de l’été.Puis elles vont ruminer couchées à l’ombre des sapins.
Ce jardin n’a pas de barrière, il est béant sur le monde, et s’étend à l’infini, il accueille les joies et les peines.Chaque fois que je peux m’évader, je viens m’y vivifier, le contact de l’air pure sur ma peau et qui pénètre mes poumons me transporte rapidement dans la sérénité.
Le vent souffle dans mes cheveux, et la béatitude s’installe dans tout mon être.
Dans ce pâturage et cette forêt qui l’entoure j’oublie tout, si bien que la nuit fini toujours par me surprendre, alors j’attends délicieusement que les étoiles se dessinent dans mon ciel, mon chez-moi.
Je me retrouve dans mon appartement à Saint-Jean, proche du plus petit jardin botanique de Suisse, qui respire l’urbanité et la proximité tel un poumon qui résiste.La liberté que je ressens dans la prairie reste avec moi dans mon cœur et me permet d’accepter les jours difficiles.
Sitôt que je pense à l’odeur des fleurs au printemps, à la beauté des feuilles et leurs changements de couleurs l’automne, la douceur me rejoint et relativise la noirceur des nouvelles que j’entends à la radio, ainsi l’immonde qui pèse sur mon âme s’estompe.
Bluette

